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Gemini 4 Argon : Modèle de pointe de Google pour le code et la cybersécurité
Le 30 septembre 2026, Google DeepMind a présenté Gemini 4 Argon, son nouveau modèle d’intelligence artificielle « de frontière », c’est-à-dire à la pointe de ce que la technologie sait faire aujourd’hui. Les modèles Gemini 3.8 misaient sur la rapidité et la voix. Avec Argon, Google change de catégorie et vise les tâches longues et complexes : programmer à grande échelle, mener des recherches financières ou juridiques, et surtout défendre les systèmes informatiques contre les cyberattaques.
Introducing Gemini 4 Argon – our new frontier model.
— Google DeepMind (@GoogleDeepMind) September 30, 2026
It’s built for complex workflows across coding, enterprise knowledge work, and cybersecurity defense – rolling out today to a set of trusted testers through our Fairwind Program. pic.twitter.com/X8acOWJOSF
Gemini 4 Argon, un modèle conçu pour réfléchir longtemps
La grande nouveauté de Gemini 4 Argon tient en un chiffre, un million de tokens en sortie. Un token est un petit morceau de texte, un mot ou une partie de mot, que le modèle lit ou produit. Jusqu’ici, les modèles Gemini pouvaient générer au maximum 64 000 tokens dans une seule réponse. Argon multiplie donc cette limite par plus de quinze.
Concrètement, le modèle peut « penser » beaucoup plus longtemps avant de conclure et produire des centaines de milliers de tokens dans une même trajectoire de travail. Un modèle classique découpe souvent un problème difficile en plusieurs échanges avec l’utilisateur. Argon peut en théorie le résoudre en enchaînant les étapes de raisonnement sans perdre le fil. C’est ce que Google appelle les tâches « à long horizon ».
Performances de pointe au-delà du code
Les tests de référence (benchmarks) confirment cette polyvalence. Argon obtient 77,9 % sur DeepSWE v1.1, qui mesure la capacité à mener de vrais projets logiciels. Il se classe aussi premier sur le Vals Index, qui évalue l’impact économique d’un modèle dans la finance, le droit ou la fiscalité. Il brille enfin en compréhension visuelle, avec 91,7 % sur LVBench, un test d’analyse de longues vidéos.
Gemini 4 Argon au service de la cybersécurité
C’est l’aspect le plus marquant de l’annonce. Google a entraîné Gemini 4 Argon spécifiquement pour la défense informatique. Le modèle sait trouver des failles de sécurité dans un logiciel, vérifier qu’elles sont réelles, puis proposer un correctif, le tout de manière autonome. Il atteint 68 % sur CWE-bench v1, un test dédié à la correction de vulnérabilités, ce qui le place à égalité avec le meilleur score.

L’entreprise de sécurité Wiz l’utilise déjà dans un programme gratuit de protection des infrastructures publiques. Argon y a découvert une faille critique dans un logiciel de santé utilisé par des hôpitaux du monde entier. Cette faille exposait des données personnelles sensibles, et les modèles précédents ne l’avaient pas repérée.
Gemini 4 Argon, ce qu’il faut retenir
Gemini 4 Argon marque un tournant pour Google. L’IA ne se contente plus de répondre à une question : elle mène des missions entières, du code à la cybersécurité. Son accès reste limité pour l’instant. Google prévoit ensuite de l’ouvrir aux clients payants de son API et aux abonnés Google AI Ultra, au prix de lancement de 2 dollars par million de tokens en entrée et de 10 dollars par million en sortie. Il reste à voir si ces performances se confirmeront hors des laboratoires de Google.